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Vivre à l’étranger dans un contexte d’instabilité

Juliette de Chaisemartin

Vivre à l’étranger dans un contexte d’instabilité (crise politique, tensions sécuritaires, catastrophe, conflit…) expose à une forme particulière de stress : un stress chronique, diffus, souvent imprévisible.

Même lorsque le danger n’est pas immédiat, le sentiment d’insécurité peut s’installer durablement. Il repose sur plusieurs facteurs :
• la perte de repères (culturels, sociaux, institutionnels),
• l’éloignement des proches et des ressources habituelles,
• l’exposition répétée à des informations anxiogènes,
• le sentiment de ne pas maîtriser la situation.
Sur le plan psychologique, cela peut se traduire par :
• une hypervigilance (être constamment sur le qui-vive),
• un sentiment d’insécurité interne, même en l’absence de danger immédiat,
• une fatigue émotionnelle liée à la tension continue,
• une difficulté à se projeter ou à prendre des décisions.

Les signaux d’alerte chez les adultes
Il est important de pouvoir reconnaître certains signes qui indiquent que l’équilibre psychique est fragilisé.

Parmi les principaux signaux :
• Troubles du sommeil (difficultés d’endormissement, réveils fréquents, cauchemars).
• Anxiété persistante (ruminations, inquiétudes excessives, sensation d’oppression).
• Irritabilité inhabituelle ou réactions émotionnelles amplifiées.
• Difficultés de concentration ou de prise de décision.
• Retrait social ou perte d’intérêt pour des activités habituellement appréciées,
• Symptômes physiques sans cause médicale (maux de tête, tensions, fatigue intense),
• Sentiment de débordement, d’impuissance ou de perte de contrôle.
Un élément clé : ce n’est pas tant la présence de ces signes que leur durée, leur intensité et leur impact sur le quotidien qui doivent alerter.

Chez les enfants : des manifestations souvent indirectes
Les enfants expriment rarement leur mal-être de manière verbale. Leur langage est souvent comportemental ou émotionnel.

Signaux fréquents :
• Régressions (énurésie, besoin accru de proximité, peur de la séparation).
• Troubles du sommeil (cauchemars, refus d’aller se coucher),
• Irritabilité, agitation moteur ou verbale, ou au contraire retrait.
• Difficultés scolaires ou de concentration,
• Plaintes somatiques (maux de ventre, maux de tête).
• Questions répétées ou préoccupations autour du danger et de la sécurité.

Les enfants sont particulièrement sensibles au climat émotionnel des adultes : ils perçoivent l’inquiétude, même lorsqu’elle n’est pas explicitement exprimée.

Repères pour préserver l’équilibre psychologique
Sans prétendre supprimer l’impact de la crise, certains ajustements peuvent soutenir les ressources individuelles et familiales :
• Maintenir des routines : repères temporels sécurisants, notamment pour les enfants.
• Limiter l’exposition aux informations anxiogènes : choisir des sources fiables, éviter la surconsommation d’informations,
• S’autoriser à ressentir : nommer ses émotions sans les juger,
• Préserver des espaces de normalité : activités plaisantes, moments de détente,
• S’appuyer sur le collectif : liens sociaux, communauté expatriée, réseaux de soutien,
• Parler : verbaliser ses inquiétudes permet souvent de les contenir.

Quand demander de l’aide ?
Consulter un professionnel peut être utile lorsque les symptômes persistent dans le temps, s’ils s’intensifient ou deviennent envahissants, s’ils altèrent le fonctionnement quotidien (familial, professionnel, social), ou simplement lorsque le besoin de soutien se fait sentir. Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais une démarche de protection et d’ajustement face à un contexte difficile. Prenez soin de vous.


Psychologue clinicienne, après 15 années d’expérience dans le secteur humanitaire, notamment dans des contextes d’insécurité et de crise, Juliette de Chaisemartin accompagne aujourd’hui par visio dans le monde entier des expatriés confrontés à des situations de vie complexes. Elle propose un espace d’écoute et de soutien, adapté aux réalités spécifiques de l’expatriation et aux situations de crise, pour les adultes comme pour les enfants. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter son site internet et prendre rdv pour un appel découverte gratuit :
https://jdechaisemartin-psy.com/

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mardi 7 juillet 2026

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