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L’hôtel de Lauzun, écrin d’amour

L’hôtel de Lauzun, un petit bijou du XVIIe siècle, quai d’Anjou sur l’île Saint-Louis, porte le nom du fringant amoureux de la grande Mademoiselle, cousine germaine de Louis XIV, dont l’annonce du mariage fut évoquée par Mme de Sévigné dans la célèbre lettre à M. de Coulanges : « Je vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse… ».

En fait, Lauzun, cadet de Gascogne de petite noblesse, bourreau des cœurs, mais peu diplomate, (il insulte Mme de Maintenon en public), n’épousa pas la grande Mademoiselle et fut envoyé pendant 10 ans au Fort de Pignerol. L’Hôtel qui porte son nom fut son pied à terre à son retour. Mais quel pied à terre !

Il fut construit pour sa femme. On le doit à l’architecte de la famille Colbert, Charles Chamois, mandaté par le financier Charles Gruyn (Groin) dont les armes portent des têtes de sanglier. On en trouve de très belles sculptées dans l’entrée de l’Hôtel… mais pas de chamois.

L’hôtel de Lauzun est un condensé du décor Grand Siècle. Boiseries dorées brillantes et mates, égayées de grotesques (nous avons appris que ce mot vient d’une chambre de la Villa de Néron à Rome, décorée de débris de grottes), peintures raffinées de Michel Dorigny, élève de Simon Vouet. « Le Triomphe de Cérès, la Toilette de Vénus, le triomphe de Flore » évoquent les joies du printemps et celles de l’amour. En enfilade, les petites pièces se suivent, décrivant un appartement complet du XVIIe siècle : antichambre, le cabinet de Madame, un écrin digne d’un coffret à bijoux, chambres de l’époux et de l’épouse.

A signaler, la garde-robe de Madame avec des latrines, aujourd’hui disparues, donnant au-dessus de la porte cochère !

Au XIXe siècle, Charles Baudelaire y écrivit « L’invitation au voyage » et son voisin, Théophile Gautier y tint, avec son club des Haschischins, des discussions embrumées…

Aujourd’hui, gageons que les discussions y sont plus encadrées. La Mairie de Paris, propriétaire, abrite l’Institut d’études avancées de Paris qui accueille en résidence des chercheurs internationaux en sciences humaines et sociales.

Francine Boidevaix


17, quai d’Anjou 75004 Paris

Photos : Isabelle Roussel Stéphan

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vendredi 19 juin 2020

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