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Le musée Delacroix
Caroline Gauer
Eugène Delacroix, considéré dans la peinture française du XIXe siècle comme le principal représentant du romantisme, s’est installé rue de Fürstenberg en 1857 dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, en abandonnant l’atelier de la rue Notre Dame de Lorette, trop éloigné de l’église Saint-Sulpice dont il avait été chargé dès 1847 de décorer une chapelle.
Il y trouva donc un logement calme et aéré. Il vécut dans cet appartement jusqu’à sa mort en 1863.
Le musée a été fondé à la fin des années 1920 par la société des Amis d’Eugène Delacroix qui est devenu musée national en 1971.
On peut y voir peintures, esquisses, dessins, estampes, objets ayant appartenu à Delacroix mais également l’ensemble de ses écrits.
On peut y admirer certains chefs-d’œuvre du peintre comme la Madeleine dans le désert, l’Education de la vierge peinte en 1842, ainsi que Roméo et Juliette au tombeau des Capulet qui est un sujet Shakespearien.
Le théâtre de Shakespeare a joué un grand rôle dans la carrière du peintre. Delacroix s’est en effet rendu en Angleterre pour assister à plusieurs reprises aux représentations de Richard III, le Marchand de Venise et la Tempête. Il assiste aussi à l’adaptation du Faust de Goethe.
Le peintre a aussi réalisé un certain nombre de portraits dont celui d’Auguste Richard de la Hautière1. Il retient l’attention par la finesse d’exécution et son côté délicatement romantique. L’influence des portraits anglais est manifeste dans l’œuvre du peintre.
Il y a aussi de nombreuses estampes et dessins du peintre.
Les estampes illustrent des paysages de pièces de dramaturges anglais. L’artiste a d’ailleurs réalisé en 1829 une lithographie « Le Tigre royal », c’est un dessin animalier avec des jeux de contraste et une grande profondeur dans le traitement du tigre et du paysage.
C’est grâce à l’Exposition universelle de 1855 que Delacroix s’est véritablement fait connaitre en y présentant pour la première fois Roméo et Juliette au tombeau des Capulet et pas moins de 35 autres tableaux. L’Exposition universelle lui a ainsi rendu les honneurs qu’il méritait.
Avant ou après la visite du musée, allez à l’église Saint-Sulpice, dans la somptueuse chapelle des Saints-Anges, que le peintre a décorée dès 1847.
Confier un grand décor religieux à un géni athée relevait à l’époque de l’audace.
La lutte de Jacob avec l’ange fascine car cette œuvre a été traitée avec la subtilité d’une peinture de chevalet. On peut aussi apprécier dans la chapelle des Saints-Anges plusieurs peintures dont Héliodore chassée du temple et au plafond Saint Michel terrassant le démon. Ces peintures ont été récemment restaurées et retrouvent ainsi toute la lumière et surtout les couleurs d’origine.
Caroline Gauer

lundi 22 mai 2023