Menu

Association française des conjoints d’agents du ministère des Affaires étrangères

S'abonner à la Lettre d'infos

Accueil > La grande bibliothèque > EN FRANCE & EN POSTE (infos communes) + le MAE + EUFASA + Sécurité + (...) > Découverte du Ministère des AE > La direction de la mondialisation

La direction de la mondialisation

Anne-Marie Descôtes, directrice générale

Interviewer Anne-Marie Descôtes, directrice générale de la Mondialisation (DGM), demande une plume rapide : grande et belle femme, elle parle vite, a un esprit concentré, son temps est compté. Elle va bientôt partir pour Berlin comme ambassadrice, où elle sera la première femme à occuper ce poste prestigieux. Nous nous retrouvons dans un café avenue de la Grande Armée, car elle a la gentillesse de me recevoir entre deux rendez-vous dans le quartier.

J’imagine qu’elle doit susciter l’intérêt des jeunes femmes diplomates de par son parcours et ses responsabilités... « Elles me demandent parfois conseil, dit-elle avec un sourire, mais j’ai été très privilégiée car à chaque fois, on est venu me chercher. Je n’ai pas eu à construire ma carrière. J’ai eu de la chance » ajoute-t-elle avec une franche modestie.

Elle s’est pourtant donné les moyens d’imposer sa chance. Agrégée d’allemand, elle enseigne à Boulogne-sur-mer puis à Nogent-le-Rotrou. « Tout est parti de Bonn où j’avais postulé pour un poste d’attachée culturelle. J’y ai passé trois années passionnantes, de 1987 à 1990, les années de la Chute du Mur et de la Réunification. Je participais à la visite annuelle du directeur de l’ENA qui venait recruter les élèves allemands du cycle étranger. Conseillée par des membres de l’ambassade, j’ai décidé de faire l’ENA. J’ai été la première de ma promotion à demander le Quai d’Orsay. J’avais trouvé ma vocation ».

Et puis, les postes s’enchaînent, d’abord aux Affaires européennes, on vient l’y chercher pour entrer au Cabinet de Pierre Moscovici, ministre des Affaires européennes. Puis, Bruxelles, conseillère pour la négociation sur l’élargissement et ensuite Washington comme conseillère Europe et ex-URSS. Elle est de nouveau sollicitée pour diriger l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE). « Cela m’a été très utile, puisqu’en tant que directrice générale de la DGM, je suis notamment présidente du conseil d’administration de l’AEFE. Surtout, cette fonction m’a appris à piloter un établissement public doté d’un budget important et d’un réseau de 5000 agents ».

La Directrice générale est à la tête d’une équipe de 400 personnes et dispose d’un réseau de 6000 agents, soit près de la moitié des effectifs du MAEDI. Le budget de la DGM est d’environ 2,35 milliards d’euros (sur 4,64 milliards pour le MAEDI), plus un milliard pour le Fonds de solidarité pour le développement. Créée en 2009, la DGM comporte 3 directions et 3 délégations.

« La Direction générale porte le titre de Mondialisation, car elle traite de tous les enjeux globaux nés de la mondialisation, faite d’opportunités et de problèmes, mais dont la France doit profiter. La Direction englobe des sujets aussi distincts que l’économie, le développement durable, la culture et l’enseignement, mais qui comporte toutefois une dimension transversale.
La dimension économique est partout ! Dans les industries culturelles et créatives qui pèsent quatre fois plus que le secteur automobile ; dans le secteur du développement ; dans les enjeux climatiques ou de santé en lien avec le secteur de la recherche et l’exportation de notre savoir-faire par nos entreprises... Mon rôle est de repérer tous les sujets qui sont pluridisciplinaires et de faire travailler ensemble les différents services de la DGM et nos opérateurs. L’esprit d’indépendance hérité des Gaulois tend à s’atténuer ! »

Qu’est-ce que la politique d’influence de la France dont la DGM est l’acteur principal ? A-t-elle évolué depuis trois ans ?
« La DGM pratique une diplomatie globale. Elle regroupe l’ensemble des services et des politiques par lesquels la France se projette. L’influence, c’est à la fois le rayonnement de la France à l’étranger et notre capacité à attirer des talents en France, c’est-à-dire notre attractivité.
La diminution de nos moyens demande d’agir autrement.
Nous continuons bien sûr à entretenir et même à renforcer les partenariats avec les acteurs institutionnels en France et à l’étranger, et avons mis, par exemple, l’accent sur les collectivités territoriales avec lesquelles nous souhaitons collaborer encore plus. C’est ainsi que viennent d’être nommés des conseillers diplomatiques auprès des Préfets de régions. Mais nous devons également renforcer ou chercher des partenariats avec des structures privées, des ONG françaises et internationales, des fondations internationales philanthropiques (Bill et Melinda Gates, Fondation Aga Khan), des fondations d’entreprises, l’Institut Pasteur...
Nous coordonnons le travail des douze opérateurs du MAEDI. C’est ainsi que nous avons créé, en 2015, Business France, destiné à favoriser le développement international des entreprises implantées en France, ou encore Expertise France pour valoriser l’expertise technique française à l’international. Sans oublier Atout France, chargé de contribuer au développement de l’industrie touristique et de l’ensemble de ses acteurs, Campus France, qui promeut l’enseignement supérieur et la recherche dans le monde, ou encore l’Agence française de développement, acteur pivot du dispositif français de l’aide publique au développement. Enfin, dans le cadre du projet « MAEDI 21 » lancé par Laurent Fabius, l’enjeu prioritaire qu’est le développement du numérique mobilise pleinement cette direction générale : création d’une école française numérique, valorisation des contenus, évolution profonde de nos méthodes de travail, promotion des start-up françaises de ce secteur... »

Comment la Direction générale de la Mondialisation travaille-t-elle avec nos ambassades ?
« La France dispose du troisième réseau diplomatique dans le monde, de quelque 500 établissements scolaires, 150 Instituts français et près de 800 Alliances françaises. Notre rôle est d’aider les ambassades sur le terrain dans tous les domaines de compétences de la DGM. C’est ainsi qu’elles disposent désormais de plusieurs « conseils » thématiques:Conseil d’influence (culturel), Conseil développement, Conseil économique.... Alors que le Secrétariat général a créé un comité des opérateurs au sein du ministère, des structures similaires se réunissent également régulièrement autour de l’ambassadeur. Nos postes diplomatiques sont ainsi en première ligne pour promouvoir la diplomatie d’influence et de coopération de la France dans le monde. C’est un enjeu majeur dans un contexte d’hypercompétitivité : la France doit pouvoir jouer de tous ses atouts et conserver sa place de référence en matière de créativité et d’innovation, de valeurs humanistes, de liberté et de solidarité ».

Propos recueillis par Francine Boidevaix
Juin 2017

jeudi 3 avril 2025

  •  Ateliers, matinées d’infos
  •  Rencontres conviviales
  •  Culture, arts et loisirs
  •  Vie de l’AFCA