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Association française des conjoints d’agents du ministère des Affaires étrangères

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Les nouveaux moyens de la diplomatie

L’AFCA a participé aux Etats généraux de la diplomatie.

Nous avons donc souhaité vous dire quelques mots des conclusions de cet exercice de consultations des agents et des partenaires du ministère. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur l’allocution du Président de la République le 16 mars au Quai d’Orsay et sur l’émission « Soft Power » de France Culture du 19 mars. On pouvait notamment y entendre s’exprimer sur notre sujet Jérôme Bonnafont, rapporteur général des États généraux de la diplomatie.

Charité bien ordonnée
Commençons par voir ce qui a été dit de nous, conjoints. Pour le Président de la République, « La diplomatie est un métier, dont je mesure bien la spécificité et les contraintes. Un métier d’engagement qui vit au rythme des crises et ne compte pas ses heures. Un métier de passion qui a aussi ses servitudes et où l’obligation constante de mobilité, avec ses aléas, ses destinations parfois difficiles, pèsent sur les conjoints et les familles. » Quant à Jérôme Bonnafont, il a expliqué que le métier de diplomate représentait « un choix de vie » répondant à « une vocation » : « Vous choisissez de vivre l’essentiel de votre vie à l’étranger, en allant de poste en poste, des plus difficiles à de plus faciles, en emmenant votre famille nolens volens ». Tout le monde est donc d’accord pour admettre que nous payons un tribut certain à la carrière de nos chères moitiés !

Un certain malaise
Concernant le Ministère, le constat a été posé qu’il y a trente ans, il comptait plus de 20 000 agents, alors qu’il n’en reste plus que 13 600 aujourd’hui. De même, les moyens financiers ont diminué. Paradoxalement, dans le même temps, les affaires européennes et internationales ont pris de plus en plus d’importance dans la vie de notre pays. Si l’on ajoute à cela les inquiétudes nées de l’application au Quai d’Orsay de la réforme de la fonction publique, un malaise s’est fait jour dont l’existence a été reconnue. Les États généraux de la diplomatie ont été lancés pour y répondre. Ils ont été conçus comme un exercice d’introspection permettant une libération de la parole, suivi d’un exercice de prospective et de propositions sur la réforme du Ministère. Environ 5 000 agents y ont pris part. Le fait que le chef de l’Etat se soit déplacé au Quai d’Orsay pour clore les États généraux représente un geste qui n’était pas prévu au départ.

Réarmer la diplomatie française
A l’issue des Etats généraux, le Président de la République appelle au « réarmement » de la diplomatie française, ce qui signifie :
« Un cœur de métier profondément rénové ».
Ici, les maîtres-mots sont « agilité », « cohérence » et « innovation ». Autrement dit, « questionner nos habitudes », « revoir nos dogmes ».

« Une diplomatie qui se structure autour de la capacité d’influence ».
Il s’agit en particulier de faire preuve de solidarité internationale (la cible de 0,55 % de notre PIB a été atteinte pour l’aide publique au développement) et de changer radicalement d’échelle pour notre dispositif de communication (par ex. « prendre à bras le corps la bataille des réseaux sociaux, […] un lieu de la guerre hybride »).

« Une diplomatie qui prend pleinement le tournant des enjeux globaux »
Pour trouver un contrat avec le reste du monde sur l’alimentation, l’énergie, le climat, la biodiversité, l’éducation, la santé ou les grands sujets culturels, le Quai d’Orsay doit « importer des compétences techniques beaucoup plus fortes » et « devenir encore plus un lieu d’accueil et de coordination des compétences interministérielles ».

« Une diplomatie plus proche des Français »
A ce titre, le service consulaire, qui dans les crises s’est révélé « un service d’excellence », doit toujours « faire mieux, simplifier, dématérialiser ». Il faut aussi développer l’enseignement français à l’étranger, et « travailler avec l’ensemble des régions et de nos territoires […] pour améliorer le réflexe export et les synergies avec les collectivités territoriales ».

Mettre les moyens en conformité avec les ambitions
La baisse des moyens et des effectifs avait déjà été stoppée au cours des dernières années. Désormais, ils vont augmenter. 700 postes à temps plein seront créés sur quatre ans. Les crédits vont croître de plus de 20 % pour atteindre 7,9 milliards d’euros en 2027.
Mais, on l’aura compris, « c’est un investissement au service d’une transformation. Ça n’est pas plus de moyens pour rebâtir ou en quelque sorte, être au service d’une nostalgie ». Faut-il faire le lien avec le malaise lié à l’extinction des corps des ministres plénipotentiaires et des conseillers des affaires étrangères ? En tout cas, sur ce point, c’est « oui au métier, non au corps ».

Jean-François Barsacq

mercredi 27 septembre 2023

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